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    Décès d’Hubert Rougeot

    Je viens d’apprendre le décès d’Hubert Rougeot, ancien conseiller municipal et maire de Meursault durant plus de 20 ans, fondateur de l’entreprise éponyme, dont le siège est toujours implanté au cœur du village viticole.

    En six décennies, Hubert et ses fils Christophe et Thierry, qui lui ont succédé, ont façonné un groupe de travaux publics renommé qui s’est adapté aux évolutions de la société en conservant un esprit familial.

    Alors que l’entreprise était initialement spécialisée dans les travaux viticoles, elle est devenue au fil des années un groupe multi-activités oeuvrant dans le terrassement, la voirie, l’assainissement, l’étanchéité et les bâtiments industriels. Né en Côte-d’Or, le groupe a ensuite essaimé en Haute-Saône et en Haute-Marne.

    Je veux saluer la mémoire d’un ami, d’un bâtisseur inlassable, amoureux de sa Côte-d’Or et de ses vignes.

    Hubert était aussi un citoyen engagé dans sa commune de Meursault dont il a été maire. C’était un précurseur éclairé, humaniste et passionné.

    A sa famille, aux centaines de salariés de son groupe et aux habitants de Meursault, je tiens à présenter mes plus sincères condoléances.

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    Pourquoi je ne signerai pas le contrat de maîtrise de la dépense locale

    Les 322 collectivités locales les plus importantes, dont le Département de la Côte-d’Or, sont « invitées » par le Gouvernement à signer un « contrat de maîtrise de la dépense locale » avant le 30 juin. Ce contrat prévoit notamment que les dépenses de fonctionnement ne peuvent augmenter de plus de 1,2% par an. Faute de quoi des pénalités financières seront appliquées.

    J’ai déjà dit à maintes reprises que je ne signerai pas un contrat qui n’en a que le nom et qui s’apparente à un marché de dupes. Je le redis avec conviction.

    Pourquoi ?

    Parce que l’Etat foule ainsi du pied le principe constitutionnel de libre-administration des collectivités locales et réintroduit clairement une forme de tutelle financière et politique sur les communes, départements et régions.

    Parce que l’Etat est bien mal placé pour limiter la hausse des dépenses de fonctionnement des collectivités locales. Dans son dernier rapport sur le budget de l’Etat, la Cour des comptes a fustigé une forte augmentation de ses dépenses en 2017 par rapport à 2016. L’Etat donneur de leçon devrait ainsi bien mettre de l’ordre dans ses comptes avant de se préoccuper des collectivités locales qui, je le rappelle encore une fois, sont obligées de voter leur budget en équilibre.

    Parce que le terme contrat sous-entend qu’il y a matière à négocier entre deux parties. Ce n’est pas le cas du « contrat de maîtrise de la dépense locale » qui est proposé par le Préfet. Le représentant de l’Etat lui-même ne dispose que de peu de possibilités de faire évoluer le contrat et de l’adapter aux spécificités locales.

    Parce que le deal est biaisé dès le départ quand on sait que les dépenses sociales des départements vont augmenter de manière mécanique de 2% en 2018. Des dépenses obligatoires, dont le montant et les bénéficiaires sont déterminés par l’Etat mais qui sont versées par les départements.

    Parce que les départements subissent depuis trois ans un afflux sans précédent de mineurs non accompagnés (MNA) qu’ils sont contraints d’accueillir et de protéger. L’Etat ne tient pas suffisamment compte des dépenses supplémentaires engagées par les départements en la matière. Or, la politique migratoire est de sa responsabilité. En tant que président du groupe DCI de l’ADF, j’ai participé aux négociations avec le Premier Ministre pour demander des solutions de financement pour les départements sur les dossiers des AIS et des MNA. Force est de constater que les propositions du Gouvernement ne sont pas à la hauteur des enjeux.

    Parce que les incertitudes qui pèsent sur les départements quant au devenir de leurs ressources fiscales ne m’incitent pas à conclure un contrat financier avec l’Etat. Alors qu’on parle de transfert de la part départementale de la taxe sur le foncier bâti au bloc communal, je n’ai absolument aucune visibilité financière qui permettrait de m’engager dans un tel contrat.

    Voilà pourquoi, malgré les risques financiers qui pèsent sur le Département en cas de dépassement de la limite de 1,2%, j’ai décidé de ne pas parapher le contrat de maîtrise de la dépense locale pour les années 2018-2020.

    Néanmoins, parce que les Côte-d’Oriens ne doivent pas être les premières victimes de cette stratégie, j’annonce que je mettrai tout en œuvre pour que la progression de nos dépenses ne dépasse pas cette limite de 1,2%.

    Mais pour cela, je vais devoir faire des choix. Les choix, notamment, de ne plus financer ce qui relève de l’Etat.

    J’annoncerai dans les prochains jours tout ce que le Département de la Côte-d’Or ne financera pas. Parce qu’on ne peut définitivement toujours faire autant, voire plus, avec moins d’argent…

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    Limitation de la vitesse à 80 km/h : « Circulez, il n’y a rien à voir »

    J’apprends ce soir qu’Edouard Philippe a signé ce vendredi 15 juin le décret abaissant la limitation de vitesse à 80 km/h sur le réseau routier secondaire.

    Dans une forme de jusqu’au-boutisme incompréhensible, le Premier ministre a donc rejeté la main que lui tendaient les présidents de département et les sénateurs depuis plusieurs mois.

    Pour qu’une mesure soit acceptée et respectée par les Français, il faut qu’elle soit justifiée et comprise. Ce n’est manifestement pas le cas de cet abaissement généralisé de la vitesse sur le réseau routier secondaire. Les présidents de département, qui gèrent quelque 380.000 km de routes départementales, sont les mieux placés pour adapter, avec les préfets, les forces de police et de gendarmerie et les élus locaux, la vitesse sur les tronçons les plus accidentogènes. Ils le font au quotidien. Dans un souci permanent de sécurité routière.

    Nous, présidents de département, ne voulons pas moins de sécurité routière mais « mieux » de sécurité routière, c’est-à-dire une adaptation des mesures de réduction de vitesse aux risques identifiés.

    Edouard Philippe n’a tenu aucun compte des nombreuses propositions constructives que les présidents de département et les sénateurs ont formulées depuis des mois, s’arc-boutant sur les résultats d’obscures études et d’une expérimentation sur quelques dizaines de kilomètres.

    Encore une fois, une décision parisienne et technocratique, prise en haut, va s’appliquer à la France d’en bas, la France des territoires, la France rurale. Cette France où les habitants ont besoin de leur automobile pour aller travailler ou pour les actes de la vie quotidienne.

    Cette mesure générale ruralicide et injustement coercitive sera le boulet du Gouvernement. Les débats qui ont précédé l’application de l’abaissement de la vitesse ont montré un profond ras-le-bol des Français à l’égard de ceux qui leur imposent des mesures technocratiques. Et la colère sourde qui touche actuellement le pays sera encore accentuée quand les Français perdront des points sur leur permis en roulant à 82 ou 83 km/h.

    En signant le décret, Edouard Philippe s’est attaché ce boulet au pied. Il va le trainer, et le Gouvernement avec, pendant de longs mois…