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    Les investitures Macron : on fait du neuf avec du vieux…

    L’annonce de la liste de celles et ceux qui pourront concourir sous les couleurs de « La République en marche » m’a interpelé. A vrai dire, je suis extrêmement surpris, voire inquiet, par la méthode Macron.

    D’abord, l’épisode Valls montre le vrai visage du nouveau Président de la République. Refuser d’investir ceux qui, comme l’ancien Premier ministre, ont appelé à le soutenir dès le premier tour est une attitude curieuse. Ce n’est pas comme cela qu’on rassemble un pays fracturé.

    Vouloir une Assemblée nationale à sa botte, ce n’est pas moderniser la vie politique française. Et c’est assez étrange pour quelqu’un qui souhaite introduire une dose de proportionnelle pour les prochaines législatives. Il aurait dû au contraire mettre en mouvement la diversité de la représentation nationale pour en faire une nouvelle chance démocratique.

    Emmanuel Macron va par ailleurs avoir du mal à nous faire croire qu’il n’est ni de gauche, ni de droite. 24 députés sortants ont en effet été investis dans cette première fournée. Tous socialistes.

    L’adepte de la « politique autrement » a maintes fois répété à qui voulait l’entendre qu’il souhaitait du renouvellement et du changement. Mais il semble s’inscrire clairement dans la continuité du quinquennat Hollande.

    D’ailleurs, j’invite chacun à regarder la composition Commission nationale d’investiture de « La République En Marche ». Elle est composée d’apparatchiks bien connus des cercles politiques et laisse peu de place au doute quant aux résultats finaux. L’appel aux candidatures internet n’est pas une garantie de renouvellement, loin s’en faut. On retrouve ainsi, notamment en Côte-d’Or, de vieux routiers de la politique, avec les retours de Didier Paris dans la 5ème circonscription ou de Fadila Khattabi dans la 3ème circonscription. Deux anciens proches de François Patriat, lui-même membre de la Commission nationale d’investiture d’En Marche.

    Et que penser de la sortie de François Bayrou qui s’est répandu dans les médias en affirmant que la liste n’avait pas reçu son « assentiment » ? Alors qu’Emmanuel Macron a affirmé durant toute la campagne qu’il rejetterait les accords d’appareil.

    Au final, Emmanuel Macron présente une liste qui fait la part belle au ripolinage d’anciens de la maison socialiste et qui laisse entendre que des négociations plus ou moins avouées ont cours dans les arrière-boutiques, avec encore une liste de 148 noms à venir. Il s’est également choisi quelques élus de droite qui n’auront pas de candidats « En marche » contre eux. La « vieille politique » qu’a dénoncée Emmanuel Macron durant toute la campagne présidentielle n’est décidément pas morte. Juste camouflée.

    Enfin, je me pose une question : en cas d’élimination du candidat Macron au premier tour des législatives, quelle sera la consigne de vote dans un duel entre la gauche et la droite ? Une réponse claire permettrait de mieux comprendre la stratégie du Président élu. Le Président « ni de droite ni de gauche » devra prendre position…

    Je reste définitivement persuadé que notre courant de pensée de la droite et du centre doit être majoritairement représenté à l’Assemblée nationale pour garantir à la fois un équilibre institutionnel et la mise en œuvre de vraies réformes de redressement du pays.

  • De la trahison en politique

    Début février, dans le premier billet de mon blog, je parlais du « courage en politique ».

    Trois mois et une campagne présidentielle plus tard, je vais évoquer dans ce post la trahison en politique.

     

    En politique, la trahison peut être latente et récurrente, quand un élu joue systématiquement et régulièrement contre son parti ou son camp. On connaît cela en Côte-d’Or où le sénateur Houpert en est devenu le symbole.

    Elle peut également être spontanée et inattendue quand une personnalité change subitement de cap et renie ses valeurs. C’est ce qu’on appel plus prosaïquement « retourner sa veste ». Noir un jour, blanc le lendemain. Tant pis pour la cohérence.

    Le ralliement de Nicolas Dupont-Aignan à Marine Le Pen au lendemain du premier tour illustre parfaitement cette trahison politique.

    Un : jouer contre son camp et en faire parler.

    Deux : rallier ses adversaires politiques et le FN au mépris de toutes les valeurs gaullistes et républicaines.

     

    Il faut ainsi se rappeler que, depuis 2007, date à laquelle son mouvement, Debout la République, devenu Debout la France, s’est émancipé de l’UMP, Nicolas Dupont-Aignan a fait énormément de mal à la droite, jouant systématiquement contre elle.

    Lors des élections régionales de Bourgogne-Franche-Comté, en décembre 2015, on se souvient ainsi que la liste DLF conduite par Maxime Thiébaut a largement contribué à la défaite de la liste de la droite et du centre que je conduisais.

    En recueillant 5,17% des voix au premier tour, la liste de Debout la France a réalisé un score qui n’a servi absolument à rien aux quelque 50.000 électeurs ayant fait confiance à Maxime Thiébaut. Si ce n’est faire perdre au deuxième tour la droite et le centre, auxquels DLF prétendait pourtant appartenir.

    Et, accessoirement, faire gagner la gauche et installer Madame Dufay à la présidence de la grande Région. Une stratégie pitoyable.

    Même constat, mêmes conséquences au premier tour de l’élection présidentielle, dimanche 23 avril.

    Nicolas Dupont-Aignan a fait un score de 4,7% des suffrages exprimés, soit presque 1,7 million de voix. Le président de Debout la France a de ce fait empêché François Fillon, le candidat de la droite et du centre, d’accéder au deuxième tour.

    Il n’a en effet manqué qu’un peu plus de 500.000 voix à François Fillon pour devancer Marine Le Pen et se qualifier pour la finale élyséenne.

    Deux élections donc et deux stratégies identiques. Dans les deux cas, Nicolas Dupont-Aignan et Maxime Thiébaut ont joué délibérément contre leur camp, trahissant les valeurs dont ils se réclament pourtant devant chaque micro ou caméra.

     

    Et puis, l’acte final, le dénouement et les masques qui tombent avec ce ralliement à Marine Le Pen.

    Le même NDA qui n’avait pas de mots assez durs à l’encontre de la présidente du Front National, quelques heures à peine avant le premier round présidentiel. Il parlait ainsi de la « candidate du système », de « l’héritière » Le Pen.

    « Certains me proposent de venir à la soupe. Je préfère du pain rassis mais garder mon honneur et mon intégrité » avait-il fanfaronné lors d’un meeting réuni à Paris, mercredi 19 avril dernier. Soit quelques jours à peine avant le premier tour du scrutin présidentiel.

    En novembre 2016, Dupont-Aignan estimait que mettre le FN au pouvoir s’apparentait à un « saut sans parachute ».

    Le ralliement de NDA à Marine Le Pen n’est en fait rien d’autre qu’une stratégie inspirée par des considérations bassement matérielles.

    Il faut bien rembourser une campagne qui a quand même coûté plus de 1,5 million d’euros.

    Pour finir de convaincre son nouvel ami, Marine Le Pen a mis dans la corbeille de la mariée ni plus ni moins que le poste de Premier ministre de son futur Gouvernement.

    Une promotion inaccessible -je l’espère- et inespérée pour Nicolas Dupont-Aignan.

    NDA a en fait renié ses valeurs et vendu son âme au diable pour un plat de lentilles.

    Se réclamer du Général de Gaulle en ralliant le Front National est une imposture historique mâtinée d’escroquerie intellectuelle et morale.

    Sa trahison aura au moins eu un mérite. Celui d’éclaircir sa situation politique.

    Dupont-Aignan, en reniant les valeurs de la droite et du centre et en pactisant avec l’extrême-droite, est désormais clairement un ennemi de la République.

  • Cap sur les législatives

    Dimanche 23 avril dernier, les 37 millions d’électeurs qui se sont rendus aux urnes ont porté Emmanuel Macron et Marine Le Pen au deuxième tour de l’élection présidentielle. François Fillon, le candidat que je soutenais, a échoué sur la troisième marche du podium à 1,29% près.

    Je le regrette.

    Victime d’un acharnement médiatique sans précédent, François Fillon a été dans l’impossibilité de présenter à l’ensemble des Français les propositions validées par près de 3 millions d’électeurs lors de la primaire de la droite et du centre.

    C’est d’autant plus regrettable qu’avec 20,01% des suffrages, soit un peu plus de 7,2 millions de voix, il n’est devancé par Marine Le Pen que de 500.000 voix.

    Ce résultat du premier tour doit résonner comme un avertissement pour les électeurs de la droite et du centre. La division a conduit à cette situation inédite. En l’occurrence un deuxième tour entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

    Il suffit de comparer les chiffres des scrutins présidentiels de 2012 et de 2017 pour comprendre que la division et l’absence de mobilisation sont responsables de l’absence de François Fillon au deuxième tour.

    En 2012, Nicolas Dupont-Aignan avait recueilli 1,79% des suffrages au premier tour de la présidentielle, soit 643.000 voix. En 2017, il a réalisé 4,7% des exprimés, soit presque 1,7 million de voix.

    Il ne faut donc pas chercher plus loin une des raisons de la défaite de François Fillon. Si les aléas de la campagne n’ont pas contribué à rassembler les électeurs de la droite et du centre derrière lui, la division a clairement signé son absence au deuxième tour. Et donc son échec.

    On peut d’ailleurs s’interroger sur l’utilité d’un mouvement tel que Debout la France. Il a fait perdre la droite et le centre aux régionales de 2015 en Bourgogne-Franche-Comté. Il fait perdre la droite et le centre à la présidentielle en 2017. A chaque fois, ce parti joue contre son camp.

    Pour quels résultats ? Aucun si ce n’est que, dans les deux cas, il porte la gauche au pouvoir…

     

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