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    Scrutin du 26 mai : Et si on parlait d’Europe ?

    Les prochaines élections européennes auront lieu dans les 27 Etats membres de l’UE du jeudi 23 au dimanche 26 mai. 705 députés européens seront élus. C’est un peu moins que les 751 eurodéputés élus en 2014.
    En France, c’est le dimanche 26 mai 2019 que les quelque 45,5 millions d’électeurs seront appelés aux urnes pour désigner leurs 79 députés européens. Soit 5 de plus qu’en 2014 en raison d’un rééquilibrage du Parlement européen opéré après le Brexit.

    L’échéance est importante. Primordiale même. Pour l’Europe et pour la France.

    A un peu plus de trois mois de l’élection, on met ce scrutin à toutes les sauces. En oubliant toutefois l’ingrédient principal : l’Europe ! Le résultat est une tambouille indigeste qui ne va sûrement pas inciter les Français à aller voter.
    Or, l’Europe mérite mieux que les tractations politiciennes qui se trament en coulisses.
    Déjà que l’élection européenne trouve traditionnellement peu de résonance dans notre pays. Lors des européennes de 2014, le taux d’abstention affichait 56,5% en France. Le signe d’un manque d’adhésion au projet européen, voire carrément d’un rejet de l’Europe par une proportion croissante d’électeurs français…
    Et que nous proposent les partisans d’Emmanuel Macron pour redonner de l’intérêt au scrutin européen ? Organiser un référendum le même jour ! On croit rêver. L’Europe est une chose suffisamment sérieuse pour ne pas diluer l’enjeu européen dans un référendum-opération de com’ de l’exécutif. On a bien compris qu’il fallait sauver le Président Macron ! Certes, mais laissons passer l’élection européenne !

    Dans les trois mois qui viennent, il faut donc parler d’Europe. Il faut faire la pédagogie de l’Europe. Il faut expliquer encore et toujours aux citoyens en quoi l’Europe est une chance. Un gage de paix et de prospérité.
    Car jamais notre continent n’a vécu aussi longtemps en paix que depuis que l’Union européenne existe. Construite en 1951, au lendemain de la seconde guerre mondiale, la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), l’ancêtre de l’Union européenne telle que nous la connaissons, a permis aux peuples européens de coexister pacifiquement et de commercer librement. On l’oublie souvent mais l’Union européenne, c’est près de 70 ans de paix ininterrompue ! Rien que pour cela, les peuples européens devraient se déplacer massivement aux urnes en mai prochain.

    A tous ceux qui plaident pour moins d’Europe, à tous ceux qui réclament un départ de la France de l’UE, je dis « attention ». A tous les populistes qui accusent l’Europe de tous les maux, à tous les Cassandre qui ne perdent pas une occasion de vouer l’Europe aux gémonies, je dis « regardez ce qui passe chez nos voisins ». Regardez de l’autre côté de la Manche ! Regardez la situation de nos amis anglais !
    Le Brexit est l’exemple concret de ce qu’il ne faut pas faire. Car, si personne ne nie que l’Union européenne doit être réformée pour mieux fonctionner, on voit bien qu’elle protège ses Etats membres. Tous les partisans du Brexit, qui avaient promis le nirvana une fois que la Grande-Bretagne aurait quitté l’UE, en sont désormais pour leurs frais : c’est une catastrophe annoncée pour l’économie britannique.
    Boris Johnson et ses amis ont menti de façon éhontée aux Anglais en leur promettant des lendemains qui chantent. Ils ont menti en expliquant que la Grande-Bretagne se porterait mieux si elle redevenait… une île ! C’est faux. Tout le monde le sait. Mais maintenant, c’est trop tard.
    Au moins, les Anglais nous ont montré ce qu’il faut faire… Et ne surtout pas faire ! Le Brexit est la parfaite illustration qu’il ne faut pas sortir de l’Union européenne. La France est plus forte dans l’Union européenne que dehors. C’est une évidence !

    A quelques mois du scrutin, il est temps d’expliquer à nos concitoyens quelle Europe nous voulons.
    Moi, je veux une Europe puissante, forte et qui protège. C’est essentiel dans un monde désordonné, de plus en plus fou. Mais je veux également une Europe plus « stratège ». Et surtout une Europe qui préserve nos modes de vie et qui garantisse nos souverainetés. Une Europe qui défend nos valeurs.
    On ne peut plus imaginer une Europe seulement économique. La politique économique européenne doit se doubler d’une politique sociale efficace. Mais on doit également bâtir une Europe politique. C’est une étape essentielle. Une Europe politique de la zone euro, qui serait découplée du grand marché à 27. Les 27 ne peuvent plus évoluer au même rythme, ensemble. C’est une évidence. Imaginer une Europe à deux vitesses n’est absolument pas choquant. Il s’agit de laisser les Etats évoluer à leur rythme, sans exclure, sans contraindre.
    Dans cette optique, il est primordial de s’appuyer sur les 19 Etats membres de la zone euro pour donner un nouvel élan à la construction européenne. Nous avons la même monnaie, une coopération avancée dans de nombreux domaines, un destin commun. Construisons ensemble une véritable Europe politique.
    Mais cette Europe que j’appelle de mes vœux, il faudra aussi qu’elle se dote d’un parquet européen, d’une police fédérale et d’un ministère de l’Immigration. Le terrorisme est devenu une menace constante. La criminalité se moque des frontières. La misère croissante portera toujours sur les routes des millions de migrants.
    Il est donc temps que l’Europe s’adapte et mette en place les institutions et les outils qui lui permettront de faire face. Par exemple, pour lutter contre l’immigration clandestine, pourquoi ne pas lancer un grand partenariat entre l’Europe et l’Afrique. Participons au développement des pays africains. Travaillons à leur prospérité. Nous ferons d’une pierre deux coups : non seulement, nous lutterons contre les migrations de populations mais en plus, nous créerons de nouveaux marchés pour nos entreprises.
    L’Europe de demain doit également mettre en place une politique économique efficace, centrée sur l’essentiel. Pas sur les détails et les normes en tout genre. Une Europe stratège. Pas une Europe de la bureaucratie et de la technocratie. Son rôle est de définir une politique industrielle et commerciale à travers de grands programmes de recherche, de formation et d’investissement. Abandonnons le dogme de la concurrence à outrance et essayons de définir un modèle fiscal et social européen.

    Une dernière réflexion. Non, n’en déplaise à Emmanuel Macron, l’élection européenne n’est pas un duel opposant le camp du « progrès », incarné par la seule République en marche, à celui des populistes ou des europhobes, dans lequel le chef de l’Etat place toutes les autres listes !
    L’UDI a une vision ambitieuse, moderne et réaliste de l’Europe. Notre programme est résolument « progressiste », pour employer un mot à la mode, et franchement européen. Emmanuel Macron et La République en marche n’ont pas le monopole du « progrès ».

    Les derniers sondages, qui annoncent 12% pour Les Républicains, et 3% pour l’UDI, m’interpellent. La droite et le centre ne sont jamais aussi forts que quand ils sont unis. La droite et le centre gèrent ensemble, en responsabilité, des dizaines de collectivités. Au niveau européen, il y a peu de divergences entre le programme de l’UDI et la vision de mon ami Arnaud Danjean, en 3ème position sur la liste LR.
    En partant unis au combat, LR et UDI joueraient clairement la victoire. A un peu plus de trois mois du scrutin, cette hypothèse mérite d’être étudiée…